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Les carottes politiques vont à nouveau bouillir en Guinée. Le jeudi 10 mai prochain, le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’Alliance pour la démocratie et le progrès projettent une ‘’marche pacifique’’ pour protester contre ce que le leader de l’UFR Sidya Touré a appelé, lors d’une conférence de presse lundi à Conakry, des ‘’élections truquées’’.

Par allusion aux prochaines élections législatives dont les préparatifs et la tenue semblent dans une impasse totale. L’ancien Premier ministre guinéen avait à ses côtés, entre autres, le président de l’UFDG Cellou Dalein Diallo, Aboubacar Sylla de l’UFC, Zalikatou Diallo du PEDN et Fodé Soumah de la Géci.

Cet appel à leurs militants invités à battre le pavé le jeudi prochain n’a pas précisé l’itinéraire de cette marche qui intervient quelques jours après le report sine die des élections législatives et surtout le début des opérations de ‘’recensement’’ lancées par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Un processus électoral que ces deux blocs opposants boycottent pleinement en exigeant la recomposition de la CENI pour y établir ‘’la parité des membres’’ entre le Pouvoir et l’Opposition. Avec comme point d’orgue le départ non négociable de l’actuel président de la CENI Loucény Camara. «Nous n’accepterons pas d’élections truquées en Guinée, il faut tourner le dos à ça», a donc martelé Sidya Touré, président de l’Union des Forces Républicaines.

En effet, les différents leaders se sont relayés pour insister sur le fait que ‘’nous avons épuisé toutes les voies de recours’’. Et Aboubacar Sylla, président de l’Union des forces du changement (UFC) de rappeler que: «Nous avons été à un dialogue bien que le cadre du dialogue ne nous convienne pas». Sans compter que, jure-t-il: «Nous avons écrit au président Alpha Condé, il ne nous a jamais répondus pour accuser même réception de ce courrier. Nous avons écrit au Système des Nations-unies, aux ambassadeurs du G8. Nous avons attiré l’attention de toute la Communauté internationale sur les risques de troubles majeurs qui pesaient sur la Guinée si le processus électoral continuait à être géré de cette façon». Précise M. Sylla.
Le Collectif et l’ADP n’en sont pas à leur coup d’essai dans le registre des ‘’marches pacifiques’’. Les épreuves de celle du 27 septembre 2011 sont encore vives dans les mémoires. Du fait des morts d’hommes, de blessés et de dégâts matériels non négligeables. Suite notamment aux tentatives d’étouffement des militants de l’opposition en les empêchant de rallier les grandes artères de leurs quartiers.

Pour autant, Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) affirme que les deux blocs n’en démordront pas. «Tant qu’on n’est pas satisfait, nous continuerons», menace-t-il. Et pourquoi avoir décidé de revenir à la ‘’marche pacifique’’ après avoir enchaîné meetings et sit-in? «La loi nous l’autorise, on le fera. C’est pour attirer l’attention pour que les gens comprennent qu’il y a danger. (…) C’est une manifestation pacifique que nous voulons organiser.

Nous sommes respectueux de la loi», tente de rassurer le Président de l’UFDG et challenger d’Alpha Condé au second tour de la présidentielle guinéenne.
En tout cas, le Collectif et l’ADP n’entendent pas relâcher la pression sur le pouvoir. «Après les marches, ça peut être les opérations ‘’ville morte’’, ça peut être des caravanes de l’opposition à l’intérieur du pays. Nous n’excluons rien…», lance le président de l’UFR Sidya Touré.

Talibé Barry